samedi 6 novembre 2021

Premier sang, Amélie Nothomb, prix Renaudot 2021

 


Premier sang, Amélie Nothomb, prix Renaudot 2021
 
J’ai acheté le dernier roman d’Amélie Nothomb, conquise que je suis par cette auteure depuis un an maintenant. Etrangement, je m’étais forgée un à priori négatif il y a une vingtaine d’années de cela, après avoir lu et peu aimé « Métaphysique des tubes ».
 
 Par hasard, dans une chambre d’hôte où j’avais lu plus vite que prévu les livres que j’avais emmenés, j’ai découvert « Riquet à la houppe » qui, me tendant les bras, m’appela à réitérer l’expérience Nothombesque. Et boum, me voilà tombée dans une histoire que j’ai trouvé décalée, rafraichissante, belle et grave à la fois, avec des personnages aux noms aussi savoureux que leurs caractères. 
 
Petit retour donc sur « Premier sang ». Comme toujours, je commence par me dire qu’elle ne s’est pas trop torturé l’esprit pour la quatrième de couverture. Je vous laisse juger « Il ne faut pas sous-estimer la rage de vivre ». 9 mots. On peut dire que c’est du condensé. Pourtant, il faut reconnaître que cela résume bien le livre. 
 
Comme toujours, un roman court, un style précis, sans fioritures mais avec des mots soigneusement choisis, un humour et un recul sur les choses terribles qui arrivent au personnage, qui mettent à distance les atrocités commises lors de la prise d’otage qui inaugure le roman. 
 
Son père (car elle écrit au nom de son père) a alors 28 ans. Amélie Nothomb n’est pas encore de ce monde et son existence ne tient qu’à un fil. Son père est en effet face à un peloton d’exécution, mis en joue par des rebelles armés dirigés par le général Gbenye. Le président Lumumba assassiné en 1961 est l’objet de nombreuses discussions entre l’ambassadeur belge qu’est Patrick Nothomb et les rebelles qui le tiennent captif dans un hôtel ainsi que plusieurs centaines de ses concitoyens. 
 
Son objectif ? Faire durer ce temps si long qui les rapproche et les éloigne en même temps de la mort. Il sait en effet que, quand l’armée Belge tentera une action pour les sauver, les morts seront légions des deux côtés. Tous le savent. Et tous attendent et redoutent ce moment. 
 
Qui en réchappera ? Et pourquoi ? Quel est le sens de ces palabres sans fin auxquelles participe sans relâche Patrick Nothomb ? Aura-t-il évité des morts ? Rien n’est sûr, rien n’est facile.
 
 Et les contours du bien et du mal se floutent parfois dans les petites attentions qui émaillent le quotidien des otages. 
 
La première partie du roman est consacrée aux séjours que Patrick fait au château des Nothomb, dans les Ardennes. Avec un regard enfantin, Patrick relate le « darwinisme » qui prévaut à l’éducation des enfants du château du Pont d’Oye et la dureté de la vie sous le joug de ce grand-père à la fois despotique et poète.
Et le premier sang alors ? Je vous laisse le découvrir…